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Entrez dun clic au large de limage © Jack Varlet, Pays comtois, 2001

Lire ce que les autres, comme ici l’auteur, proposent, lumière levée, portique dressé, tous apparats rentrés, les tentures dans l’ombre, c’est se diriger plus sûrement vers ce qui vaut d’être lu et relu. L’essentiel est mon métier ; il est aussi le bonheur. C’est chez ce dernier, sans éclat que nécessaire, sans force que de conviction, que je vous convie. Il n’est de livre qu’apprécié, il n’est de lire que pour aimer. Mais cela s’apprend aussi, demande la caresse et la saillie ensemble. Je vous invite à vivre les yeux grands ouverts. Je ne commande à personne, je recommande à tous seulement le meilleur. (Autres observations sur le travail critique, si besoin.)

E

xercice de l’esprit, à la pointe de la vigilance et du plaisir enlacés, la critique est nécessaire. Elle signe la lecture, elle renseigne sur les sources et la nature de ce qui désaltère ou laisse dans la gorge un goût de feu, d’absinthe, un parfum de rose ou l’encrassement des boues. Elle grandit celui qui s’y livre. Qui peut lire sans réagir, sans tendre les bras ni se protéger quand l’attaque est trop vive ? Qui se laisse endormir ou bercer et se coudre les paupières, sans un mot ? La critique est dans la nature. Elle est la digestion, la séparation du bon grain et de l’ivraie, ce qui conduit au sang, au cœur qui bat et le reste s’en va.

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Le moment est venu d’entrer dans le plaisir et de le dépasser, en amitié.

Pierre Perrin — novembre 2002